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Ερευνητικές εργασίες Helen SARADI, Aspects of early byzantine urbanism in Albania 81-130 Marie SPIRO, Vergil in Albania: an early byzantine mosaic pavement at Arapaj 131-168 Eleonora KOUNTOURA, The presence of the province of Epirus Nova in the so-called Notitia of the Iconoclasts 169-176 Constantin G. On remarquera que, parmi ces trois personnages, seul Justin porte un nom romain. KONIDARIS, Περί την πρώτην μνείαν τών 'Αλβανών έν ταΐς έκκλησιαστικαϊς πη- γαΐς καί τα δρια της χώρας των επί Βυζαντινών, Έπετηρίς 'Εταιρείας Βυζαντινών Σπουδών 23 (1953), 396. PARTHEY, Hieroclis Synecdemus et Notitiae..., 124s et 220. IV, et Nouvel essai, cité ci-dessus, on trouvera l'essentiel des conclusions tirées des trouvailles archéologiques dans plusieurs 28 ALAIN DUCELLIER En réalité, toutes ces hypothèses, trop absolues, ne servent qu'à brouiller l'essentiel au bénéfice de ce qui n'est, en définitive, que pur nomi- nalisme, alors que la situation dans laquelle nous avons trouvé les provinces illyriennes à la veille des invasions slaves éclaire d'elle-même les futurs traits distinctifs du peuple albanais, qu'ils soient culturels ou linguistiques, à condition d'accepter quelques principes de simple bon sens. C'est ici que se développe une longue querelle dont le point de départ est l'interprétation des nombreuses trouvailles archéologiques qui impose l'existence, sur l'actuel territoire albanais mais aussi bien au-delà vers la Macédoine et les zones danubiennes, d'une civilisation dite de Koman, dont l'illustration la meilleure est celle de la nécropole de Kruja, dans laquelle les uns voudraient voir le chaînon manquant qui permettrait désormais d'assurer la liaison entre les anciens Illyriens et les Albanais, tandis que les autres la considèrent comme une pure et simple rémanence de la vieille civilisation romane, rétractée après les invasions slaves. in Études arméno- byzantines, Lisbonne 1965, 395, nous continuons à penser qu'il n'y a aucune raison de voir dans les Chrysélioi une famille d'origine arménienne; cf. Jusqu'en 1204, qu'on les nomme δυρ- ραχϊται άρχοντες, άνθουντες, ou cittadini potenti, le pouvoir byzantin devra compter avec ces tendances autonomistes du grand port, dont les sources parlent significativement comme d'une entité séparée, dont les coups de tête ne semblent pas avoir entraîné l'arrière-pays79. Une telle situation politique et administrative peut expliquer à quel point, à la veille de 1204, le statut de l'Arbanon pouvait être équivoque. 1, Vienne 1856, 472; DUCELLIER, La façade maritime, 98-100. Pour conclure, on comprendra sans doute mieux comment cette situation locale équivoque explique aussi les conséquences spécifiques de la chute de Constantinople sur le statut politique de l'Arbanon. 121 Sur les bonnes relations de l'Arbanon avec l'Epire et la Serbie, D. 1, Oxford 1957, 26-31, and DUCELLIER, La façade maritime, 138-145. D'ailleurs, avant même le partage de l'an 395, Constantin le Grand qui a fondé Constantinople et établi la liberté de la religion chrétienne, est issu des habitants de la Dardanie1. Vers la moitié du Vie siècle, Procope de Cesaree fournit 168 noms de fortifications construites ou reconstruites lors du règne de Justinien 1er dans les quatre provinces occidentales de la péninsule balkanique9.

PITSAKIS, Questions "albanaises" de droit matrimonial dans les sources juridiques byzantines 177-194 Sima CIRKOVIC, Tradition interchanged: Albanians in the Serbian, Serbs in the albanian late medieval texts 195-208 ο ΠΕΡΙΕΧΟΜΕΝΑ Barisa KREKIC, Albanians in the Adriatic cities: observa­ tions on some ragusan, Venetian and dalmatian sources for the history of the Albanians in the late middle ages 209-233 Maria DOUROU-ELIOPOULOU, Les "Albanais" dans la seconde moitié du XHIème siècle d'après les documents angevins 235-240 Nikos OIKONOMIDÈS, Andronic II Paléologue et la ville de Kroia 241-247 Charalambos GASPARIS, Il patto di Carlo I Tocco con il Comune di Genova (1389-1390) Una conseguenza delle incursioni albanesi? ÇABEJ, L'illyrien et l'albanais, Les Illyriens et la genèse des Albanais, part. 26 ALAIN DUCELLIER qu'est l'armée impériale, d'autant qu'il n'est pas ici question d'un corps illyrien particulier et que les jeunes gens sont simplement inscrits, à Constantinople, sur les «rôles militaires» valables pour tous38. 1, Titograd 1967, 151; POPOVIC, L'Albanie, 266- 267; PAPAZOGLOU, art. LES ALBANAIS DANS L'EMPIRE BYZANTIN 27 autres, les Illyriens disparaissent corps et bien au Vlème siècle et les Albanais mentionnés cinq siècles plus tard n'ont rien à voir avec eux. Il est évident qu'à la suite des trois vagues slaves qui affectent les Balkans en 587-588, 615 et après 63048, l'actuel territoire albanais fut proprement encerclé et pénétré par les nouveaux-venus qui s'y établirent dans les régions les plus ouvertes à leurs mouvements: aussi la topographie slave de l'Albanie est-elle particulièrement abondante aux abords des grandes voies de circulation, régions situées au sud du Shkumbi, vallée du Drin Noir, alentours du lac de Shkodra, sans qu'on puisse raisonnablement douter que nombre de ces toponymes, qui ne s'imposent jamais aux villes actives mais désignent le plus souvent des sites abandonnés ou déclinants, remontent effectivement à l'époque des migrations slaves, même si cette toponymie a pu être modifiée ou renforcée quand interviendront les poussées bulgares des IXème et Xème siècles49. ANAMALI, From the Illyrians to the Arbërs (Early Albanians), The Albanians, op. L'énormité des travaux consacrés à cette culture interdisant d'entrer ici dans les détails, contentons-nous de dire qu'elle témoigne à la fois d'une grande fidélité aux modèles protobyzantins, d'importations notables en provenance de Dyrrachion, mais aussi de la présence d'un certain nombre de formes locales, dans l'orfèvrerie52, les armes et la poterie, y compris des trai ts qu'ont peut affirmer d'origine illyrienne53, le tout dans le cadre d'une civilisation évidemment chrétienne, ce qu'illustre sa dépendance par rap- port aux kastra comme Kruja, Lissus, Drivastum ou Sarda54, eux-mêmes relais de Dyrrachion. POPA, La Glavenice médiévale et le Ballsh actuel, Studia Albanica 2 (1964), 121-128; A. Jl RECEK, Die Romanen in den Städten Dalmatiens während des Mittelalters, Denkschriften der kaiserlichen Akademie der Wissenschaften in Wien, Phil. Classe, Band XLVIII-XLIX, 1901-1904, 9 sq; DUCELLIER, La façade maritime, 436. C'est le cas des boucles d'oreilles de Kalaja e Dalmacës, de Kruja et de la région de Tirana; si la majorité de ces ornements témoignent à l'évidence d'une imitation locale des modèles protobyzantins, certains ne se retrouvent en effet que sur le futur territoire albanais, ce qui permet à S. Déjà s'esquisse un fait majeur pour l'avenir: une rupture entre la zone littorale et l'intérieur du pays. VRANOUSSI, Κομισκόρτης ό έξ Άρβανών, Σχόλια είς χωρίον τής Άννης Κομνηνός, 'Εκδόσεις Ηπειρωτικών Μελετών, Iôannina 1962. Duc ELLi ER, L'Arbanon et les Albanais, 364-365, avec les références. A l'évidence, le premier "prince" albanais, Progon, qui apparaît aux environs de 1190, n'était pas un souverain indépendant: il n'était sans doute qu'un archonte qui pouvait être doté de quelques fonctions administratives, peut- être celles de kritès, comme le suggère une inscription non datée, prove- nant de l'abbaye de Sainte-Marie de Trifandina, en Mirditie, qui fait de Progon et de son petit-fils Dhimitër des judices116. Après 1204, les principaux ennemis de l'Arbanon sont à l'évidence Venise et la Zêta: depuis 1205118, la République maintient son occupation sur la côte centrale de l'Albanie actuelle, le Ducato di Durazzo, et cela jusqu'en 1212119. Plus tard, au Ve siècle, ces provinces ont donné au christianisme deux eminentes personnalités de l'Eglise, Saint Jérôme, originaire de Stridon en Dalmatie2, et Saint Nicètas, de Remésiane en Dardanie3. Très peu d'entre elles ont des noms d'origine latine ou grecque. 50 KRISTO FRASHERI époque-là, l'Épire se trouvait depuis presqu'un siècle sous la domination bulgare.

10 ΠΡΟΛΟΓΟΣ Την βαθμιαία εμφάνιση και αναγνώριση των Αλβανών θελήσαμε να εξετάσουμε στο διεθνές συμπόσιο μας. cit., 112-115, qui montre comment les récentes recherches archéo- logiques tendent à prouver l'ampleur de ces reconstructions. ("Ωστε) την Σκυθών έρημίαν άμέλει ταύτης πανταχόσε τής γής ξυμβαίνειν...: PROCOPE, Anekdota, 18, 21, éd. La civilisation de Koman représente-t-elle, aux Vllème et VHIème siècles, le noyau primitif albanais que ses principaux inventeurs ont voulu y voir? Les trois thèmes, comme les deux autres, les thèmes de Nicopolis et de Dalmatie, mentionnés dans le Traité de Philothée, rédigé un demi- siècle plus tard, en 899, sont dirigés par des patrices et stratèges24, alors qu'à Durrës, à coté du stratège on cite dans le Taktikon Uspenskij, non plus un, mais plusieurs archontes {oi άρχοντες του Δυρραχίου)25. Contrairement à ce qui se passe avec la terminologie byzantine des actes rédigés au Xe siècle, la langue albanaise n'a emprunté aucun terme juridique, militaire ou fiscal à "la Loi Agraire" (Νόμος Γεωργικός) qui, comme on le sait, était appliqué au cours de cette période dans l'espace slavo-balkanique27.

Προσπαθήσαμε να δούμε τον απο­ μονωμένο αυτό λαό μέσα από γενικές παρουσιάσεις ειδικών ιστορικών, Αλβανών και Αλβανολόγων ειδικότερες ανακοινώσεις αναφέρθηκαν στον τόπο τους πριν από την επίσημη εμφάνιση τους και αργότερα, αλλά και στην διασπορά τους σε όλη την περιοχή. Qu'elle soit le produit d'une évolution millénaire, nourrie de contacts multiples, de mixages et d'échanges interculturels au sein desquels l'élément illyrien, qui ne peut avoir totalement disparu, n'est plus qu'une des facettes d'un peuple en lente formation, même les partisans les plus convaincus de la filiation illyro-albanaise sont bien obligés de l'admettre, sans voir que donner à ce peuple le nom d'albanais, ou même de proto- 57. En outre, avec la désagrégation de l'administration impériale, à la fin du Vie siècle et par la suite avec la décomposition de leur base sociale et politique, les provinces organisées par Dioclétien et réformées par Jus t i - nien 1er n'existaient plus ou bien existaient seulement dans les milieux des érudits.

Η Αλβανία γνώρισε μια αξιοσημείωτη δημογραφική έκρηξη στις αρχές του 14ου αιώνα, όταν πάτριες ολόκληρες άφησαν τις εστίες τους και ξεχύθηκαν στα Βαλκάνια, προς την Σερβία και την Ελλάδα, φθάνο­ ντας ακόμη και στην Πελοπόννησο. On devra certes se garder de voir dans les dénominations administratives, qui font souvent référence à des réalités ethniques anciennes, la preuve d'une pérennité illyrienne, tout comme il en va du reste des Daces ou des Thraces, et l'on admettra ef- fectivement que lorsqu'Evagrios parle indifféremment des τών 'Ιλλυριών επίσκοποι ou des Ιλλυριοί επίσκοποι, il ne veut désigner par là que les évêques de l'Illyricum, une entité administrative moribonde mais alors encore existante31. cit., 269-271, que nous suivons ici dans ses grandes lignes. cit., 193, et Le Problème de la formation, 95, où l'auteur souligne le caractère purement byzantin de certains ornements originaires de Dyrrachium. Pour expliquer le fait que les traces de la culture de Koman ne se retrouvent pas, dans l'état actuel des recherches, dans les régions méridionales de l'Albanie, ANAMALI, art. De même, s'obstiner à ne voir dans cette population que l'élément proto-roman consiste à confiner l'origine des Albanais dans le domaine du mystère, avec pour argument essentiel que le lexique de l'albanais actuel témoigne d'abondants emprunts latins et slaves dans les domaines de l'habitat, de la vie urbaine, de l'agriculture, des plantes des zones basses, tandis que les mots proprement albanais seraient surtout ceux qui désignent la flore des hautes terres et tout ce qui touche à la vie pastorale: c'est revenir à l'idée que les Albanais sont un peuple longtemps confiné dans des zones inaccessibles et privées de contacts, mais on voit mal où les placer, dans la mesure où la civilisation de Koman pousse précisément ses rameaux les plus remarquables dans des secteurs très montagneux comme le Mati et la Mirditie. ÇABEJ, L'Illyrien et l'Albanais, Les Illyriens et la genèse des Albanais, 48. Quel qu'ait été le rôle exact de ces semi-fonctionnaires, il est évident que, même s'ils ne portent que le nom d'une ville70, leur autorité devait s'étendre à une partie, impossible à déterminer, de l'arrière-pays, les relations du grand port avec le réseau des sites de Koman suggérant une obédience géographiquement éclatée mais réelle, bien que sujette à des discontinuités dans le temps et dont le statut 66. ANAMALI, Problemi i kulturës se hershme mesjetare (Le problème de la civilisation haute-médiévale), Studime Historike II (1967), 35sq. Nous adhérons à la démonstration de FERLUGA, Sur la date, 215-224, qui date cette création du début du IXème siècle. La difficulté principale de ce passage vient à coup sûr de la 81. STOJKOV, Pervoto izvestie za albansite ν istoriceskite izvori, st. DUCELLIER, Nouvel essai de mise au point sur l'apparition du peuple albanais dans les sources historiques byzantines, Studia Albanica 9 (1972), 299-306 (rééd. Mais cette difficulté s'estompe si, au lieu de traduire ce membre de phrase par "au-delà de la Rome occidentale"86 ou par "du côté de la Rome occidentale"87, on accepte d'admettre qu'Attaleiatès veut seulement dire que, "avec la Rome occidentale", les populations voisines des provinces by- zantines d'Italie, étaient alors les 'Αλβανοί et les Λατίνοι. Et nous ne saurions oublier que Nicéphore Bryen- nios, quand il parle de l'Albanie du nord dont la "population locale" lui 93. Les informations fournies par Constantin Porphyrogénète ne concernent, elles non plus, que les contrées septentrionales illyriennes15. Le détachement de ces régions de l'autorité byzantine va tout au long des Vile et Ville siècles. Il faut reconnaître qu'à la fin de la tempête barbare et de la conso- lidation de la muraille sclavène, l'administration byzantine s'est désagrégée dans la péninsule balkanique.Τα πράγματα άλλαξαν όταν ο Βασίλειος ο Βουλγαροκτόνος κατέ­ κτησε και ενοποίησε όλο τον Βαλκανικό χώρο στις αρχές του 11ου αιώνα. DAGRON, Les villes dans l'Illyricum protobyzantin, Villes et Peuplement dans l'Illyricum protobyzantin, Coll. 24 ALAIN DUCELLIER plupart des provinces, des brassages de populations aient eu lieu un peu partout, accompagnés d'une désorganisation des structures sociales tradi- tionnelles, en ville comme à la campagne, un phénomène qui dut largement amoindrir ce qu'il restait de cohésion aux peuples illyriens: on ne devra jamais oublier ces refontes multiples quand on évoquera l'apparition du peuple albanais proprement dit28. Du reste, lorsque ce même Procope nous conte l'histoire de trois paysans de souche illyrienne ('Ιλλυριών γένος), Zimarchos, Dityvistos et Just in le futur basileus36, qui vont faire fortune à Constantinople, il nous apprend au passage que l'illyrien Justin est né à Bédérianè, près de Skopje, ce qui souligne la persistance de populations senties comme illyriennes dans des zones connues comme telles dans l'Antiquité37. Sur l'imprécision extrême des limites de l'Illyricum entre 395 et le Vlème siècle, DAGRON, Les villes dans l'Illyricum, 1-2. PROCOPE, De Aedificiis, IV, 1, 3-4 et 11-14; IV, 8, 1-3; IV, 2, 1-26, éd. 103- 104, 133-134, 108-112; pour un riche commentaire de ces textes, cf. Sur Sarda (Shurdhahu) et Drivastum (Drisht) et leurs relations avec Byzance, cf S. LES ALBANAIS DANS L'EMPIRE BYZANTIN 33 d'une migration d'Albanais non romanisés vers les zones basses du pays, ce qui suppose des conflits dont aucune source ni aucun témoignage archéo- logique ne se fait l'écho, on pourrait admettre un schéma plus harmonieux: celui de la récupération progressive du bas-pays par des peuples plus, puis moins romanisés, mais qui possédaient depuis longtemps des trai ts com- muns garantissant le caractère paisible de cette réexpansion pour laquelle les sites de la culture de Koman qui, ne l'oublions pas, ont été repérés jusque dans les environs de Dyrrachium, fournissaient un véritable réseau préétabli. Bien sûr, nous connaissons tous les risques qu'il y a à voir dans les 'Αλβανοί des Albanais, mais, compte tenu de toutes les autres interprétations qui ont été données de ce nom, nous croyons encore que c'est la solution la plus raisonnable. Vranoussi, à quel point il est absurde d'y voir des Ecossais, comme R. Ce n'est en effet pas au hasard qu'Attaliatès n'avait auparavant parlé que d'Albanais dès longtemps intégrés à la société et à la culture byzantine, au point d'être égalés aux Romains pour leur statut juridique ( της ισοπο­ λιτείας ήμϊν συμμετέχοντες) et leur culture religieuse (ώς καί αυτής τής θρησκείας) même si, communauté distincte au sein de l'Empire de plus en plus hellénisé, tout comme l'étaient les Latins d'Italie, ils étaient considérés comme des alliés (σύμμαχοι) et non encore comme des sujets: il est clair que ces Albanais qui combattent avec les Romains sont des éléments très acculturés, probablement levés dans les zones littorales de l'Albanie et auprès des implantations byzantines des plaines et des vallées. Quoi qu'il en soit, et même si on n'acceptait que la seule mention des Άρβανϊται pour désigner les Albanais au Xlème siècle, il va de soi qu'il s'agit d'une population en contact normal avec les Romains et sans doute bien connue d'eux: si, bien plus tard, Anne Comnène juge bon, pour les désigner, de parler των καλουμένων 'Αρβανιτών, c'est par suite de son purisme bien connu qui lui fait éviter les expressions "barbares", non pas parce qu'il s'agit d'un peuple à peine découvert94. Les raisons de ce silence doivent être cherchées dans l'orage barbare qui s'est abattu sur la péninsule sous les deux formes connues catastrophiques: au début, sous la forme des incursions passagères dévastatrices et, ensuite, sous la forme de la colonisation des territoires ravagés. Selon Evagrius12, les Avares suivis des Sclavènes sont arrivés en 548 jusqu'aux portes de Durrës (Dyrrachion) et en 592, selon la correspondance papale13, jusqu'à la ville de Lezhe (Lissos), mais ils se sont de nouveau retirés vers le Nord. Cette communauté culturelle du substrat illyrien est une preuve de plus du fait que ces contrées étaient habitées au Haut Moyen-Age non pas par des peuplades nouvellement installées, mais par les descendants de l'ethnie antique, les Albanais médiévaux19. Comme l'a souligné l'éminent byzantinologue français Paul Lemerle, l'obstination constante des Avares et des Sclavènes à s'emparer à tout prix de Thessalonique et de Constantinople et ensuite leur établissement par la violence sur les vallées fertiles du Danube et du Vardar ont fini par créer une muraille entre la capitale impériale et les provinces occidentales20. 52 KRISTO FRASHERI Il ne fait aucun doute que les thèmes cités ont été fondés antérieu- rement à la période de rédaction des taktika et des traités que nous connaissons.Σιγά σιγά η Εγνατία οδός άνοιξε σε όλο της το μήκος και οι Αλβανοί απο­ κατέστησαν επαφές με τους άλλους λαούς της χερσονήσου. Ταυτόχρονα, η Αλβανία γινόταν το μήλο της έριδος ανάμεσα στο Βυζάντιο και την δύναμη που εκάστοτε επικρατούσε στην Νότια Ιταλία - τους Νορμανδούς τον 11ο και 12ο αι., τους Ανδεγαυούς τον 13ο. A titre d'hypothèse, c'est dans les villes côtières comme Skodra, Lissos, Apollonia, Aulôn, Bouthroton et surtout Dyrrachion, où l'hellénisation et la romanisation avaient été les plus mar- quées, que l'élément indigène a dû se conserver le plus massivement, mais tellement acculturé qu'il est tout à fait impossible d'y voir un élément illyrien: sauf à Dyrrachion, où l'élément hellénisé reste longtemps majo- ritaire, ces villes sont bien peuplées de "Romans", très semblables à ceux de Dalmatie29, et qu'on retrouve aussi dans certains kastra de l'intérieur, qui, vers la fin du IVème siècle, prennent le relais de nombre de centres aban- donnés en plaine, et qui peuvent résulter de la réoccupation d'anciennes forteresses illyriennes abandonnées, Antipatrea, Byllis, Pogradec entre autres30: le moment venu, ces Romans s'opposeront fortement aux Alba- nais, qui ne s'urbaniseront guère avant le XHIème siècle. GARASANIN, Considérations finales, Iliri i Albanci, 374-375. Mais il souligne aussi la misère qui règne dans les pays illyriens et qui inspire aux jeunes gens l'idée d'embrasser la carrière militaire, détail intéressant puisqu'il nous apprend que, comme bien d'autres communautés de l'Empire, les Illy- riens connaissaient ce puissant instrument d'intégration et de promotion 32. ANAMALI, Le problème de la formation du peuple albanais, L'Ethnogénèse du peuple albanais, Les Illyriens et la genèse des Albanais, 97-98, qui cherche pourtant à réduire l'influence de Dyrrachium sur ces kastra. KOMATA, Gjurmime ne varrëzin e Shurdhahut (Recherches dans la nécropole de Shurdhahu), Studime Historike I (1967), 127-135. La thèse de la continuité illyro-albanaise est surtout illustrée par les nombreux travaux de S. Que la civilisation de Koman ait été à la fois composite, évolutive et ouverte sur le monde romano-byzantin, au lieu de bloquer la recherche par des a priori ethniques qui ne nous semblent pas de mise, devrait par conséquent, nous le verrons, nous aider grandement à comprendre les structures du groupe albanais quand il apparaît dans les sources, ainsi que le type de relations qu'il entretient alors avec Byzance et ses successeurs ainsi qu'avec ses différents voisins slaves66. Stojkov qui, à l'aide de vieux ouvrages anglosaxons et faisant fi de toutes les sources primaires, mais s'inspirant de la conjoncture politique en Italie du Sud au Xlème siècle, voulait voir dans les 'Αλβανοί de Michel Attaleiatès des Ecossais qui auraient accompagné les Normands dans le Catépanat, puis auraient passé le détroit pour devenir la souche des futurs Albanais, connus, dès 1079, par ce même Attaleiatès sous le nom de Άρβανίται8^, mais la très erudite démonstration de cette même H. C'est à ces éléments qu'il réserverait donc le terme d' 'Αλβανοί, la situation étant fort différente lorsque Basilakès lève son armée en hâte: aux côtés de Romains et de Bulgares (peu sûrs, on le sait, aux yeux du gouvernement byzantin), il lève aussi des 'Αρβανϊται, c'est à dire des Albanais issus de zones plus reculées, moins acculturés donc, peut-être aussi plus pugnaces. En fait, nous continuons à croire qu'elle mentionne aussi les 'Αλβανοί, mais sous la forme ΆρβάνοΡ5 qui, malheureusement, ne se trouve dans son texte qu'au génitif pluriel et différemment accentué selon les manuscrits, en sorte qu'on a voulu y voir le nom d'une circonscription administrative, nommée Άρβανα, totalement inconnue des sources, plutôt que la désignation du peuple albanais96. Par suite de cette tempête, dans la majeure partie de l'Europe du Sud-Est le pouvoir politique impérial a été annéanti, les rapports sociaux esclavagistes ont été renversés, l'activité économique a subi une profonde ruralisation et, dans quelques zones, la carte ethnique a été radicalement modifiée. Académie Albanaise des Sciences), Tirana 1984, 243-245. Comme on le sait, la colonisation sclavène proprement dite de la péninsule s'est produite au cours de la première moitié du Vile siècle, mais les chroniqueurs de cette époque ne parlent, eux non plus, d'aucun établissement de ces peuplades dans les provinces qui font l'objet de notre intérêt. Constantine Porphyrogenitus, De Administrando Imperio, greek text, edited by G. Les sources historiques du Haut Moyen-Age citent comme habitants de ces contrées seulement les Illyriens ou les Albanais; ils ne citent aucune autre ethnie, ni les Hellènes, ni les Latins, ni les Slaves. FERLUGA, Drac i njegova oblast ad VII do pocetka XIII veka, Glas CCCXLIII, knj. Par suite de cette muraille dressée à l'Ouest et le danger qui menaçait l'Empire à l'Est, ce dernier a perdu le contrôle des contrées occidentales de la péninsule. Le thème de Durrës, par exemple, selon le témoignage de deux lettres de Théodore Studite, aurait existé au moins deux décennies avant le Taktikon Uspenskij26.DUCELLIER (Toulouse, France), Les origines du peuple albanais, une clef pour sa future expansion. Dans les sources plus tardives latines, ces communautés régionales sont appelées dans la majorité des cas des provinciae {provincia Arbani, 26. D'ailleurs, Durrës, jadis chef-lieu de la province de la Nouvelle Épire, était désormais réduite en une province au sens restreint du terme, tout comme les autres régions qui, autrefois, avaient fait partie de sa juridiction.20.00 Reception Saturday, May 4, 1996, morning 09.00 Khr. CIRKOVIC (Belgrade, Yugoslavia), Tradition interchanged: Albanians in the Serbian, Serbs in the albanian late medieval texts. LES ALBANAIS DANS L'EMPIRE BYZANTIN 23 Ce que Rome lègue à Byzance, c'est donc une région à la population très diversifiée, tantôt plus, tantôt moins hellénisée ou romanisée, au sein de laquelle émergent, au sud et sur les côtes, des groupes franchement grecs ou nettement latins, sans compter les apports d'éventuelles colonies militaires allogènes, les possibles noyaux laissés sur place par les diverses invasions, les simples mouvements de déplacements des peuples voisins, évidents bien que non documentés, et aussi, dans les contrées les moins accessibles ou les plus intérieures, comme le Mati et la Mirditie mais aussi comme la Dardanie macédonienne20, des groupes moins marqués par les influences extérieures sans qu'on puisse les supposer purement illyriens. Il n'est bien entendu pas le cas de généraliser la forme latine provintia à toutes les communautés régionales, à un moment où, indépendamment de la pression de l'ancienne tradition latine, ces régions se trouvaient depuis longtemps sous la juridiction de l'Empire byzantin. MACCOULL, The Monophysite Angelology of John Philoponus, Byzantion 65 (1995), 388-395.

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Μετά τις σλαβικές εποικίσεις, η ρωμαϊκή / βυζαντι­ νή παρουσία στην Αλβανία περιορίσθηκε στα παράλια. LES ALBANAIS DANS L'EMPIRE BYZANTIN 25 Novelle 11 de Justinien (14 avril 535)32. 'Ιλλυριούς δε και Θράκην δλην, εϊη δ' αν εκ κόλπου τοϋ 'Ιονίουμέχρι ες τα Βυζαντίων προάστεια, εν τοις 'Ελλάς τε και Χερρονησιωτών ή χώρα èoriv...: PROCOPE, Anekdota, 18, 20, éd. Λέοντος έν Βυζαντίω τήν αυτοκράτορα αρχήν έχοντος, γεωργοί νεανίαι τρεις, 'Ιλλυριοί γένος, Ζίμαρχός τε και Διτύβιστος και Ίουστϊνος ό έκ Βεδεριάνης..:. Autant dire qu'il ne s'agit pas d'un ensemble uniforme de terres montagneuses et inaccessibles, qui aurait donné asile à des popula- tions refoulées par les envahisseurs et qui y auraient subsisté plusieurs siècles sans contact avec leur environnement: on remarquera que certains sites sont localisés très près de Dyrrachium (Milot, le cap Rodoni, Shnavlash), correspondant même à un vieux centre classique dans le cas de Lissos-Lezhë, à une ville médiévale comme à Kruja, dans le bassin fertile du lac de Shkodra (Vig, Mjele) ou dans la plaine de l'actuelle Tirana (Shtif- Tufine), au long des vallées de l'Erzen et de l'Ishmi, voies traditionnelles de pénétration vers l'intérieur, ou encore au plus près du lac d'Ochrida. Que ces puissants bulgares aient été fortement hellénisés, c'est l'évidence, et le double jeu des Chrysélioi 71. 36 ALAIN DUCELLIER C'est précisément dans le contexte du Xlème siècle que nous est enfin révélé le nom de la principale communauté qui peuple l'arrière-pays, les Albanais. cit., 229- 230, ce qui est en contradiction avec toute la terminologie employée à Byzance pour désigner ce peuple, que les sources du temps nomment toujours Φράγγοι; DUCELLIER, Nouvel essai, 302- 304. Il n'y a évidemment pas lieu d'épiloguer sur le sens de 'Ρωμαίοι, qui désigne classiquement les Byzantins. Nous renonçons volontiers à notre ancienne interprétation, qui tendait à voir dans ce passage d'Attaleiatès la preuve que les Albanais appartenaient à la communauté orthodoxe; il va de soi que l'auteur fait ici allusion à la communitas christianorum qui englobe aussi bien les Romains, leurs alliés latins d'Italie, sujets impériaux du Catépanat comme alliés lombards 38 ALAIN DUCELLIER Si l'on accepte cette interprétation, le fait même que Michel Atta- leiatès, quand il traite du soulèvement de Nicéphore Basilakès, en 1078, em- ploie un autre mot, Άρβανϊται, pour désigner les Albanais, est plus éclai- rant qu'embarrassant. LES ALBANAIS DANS L'EMPIRE BYZANTIN 39 relie ambiante. cit., 232, interprète au contraire le qualificatif comme dénotant une méconnaissance des Albanais. Voir aussi VRANOUSSI, Oi ôpoi, 233 et KOLË LUKA, Evidence of the Antiquity and Extension of the Ethnic Name Arbën/Arbër, Problems of the Formation of the Albanian People, Their Language and Culture, Tirana 1984, 258-259. cit., 232, écrit que "το έθνικόν των όνομα δεν εϊχεν εισέτι επικρατήσει, διό και ή συγγραφεύς όμι­ λε! A son sujet, il n'est pas sans intérêt de rappeler qu'une grande partie de l'actuelle Albanie occidentale, au moins depuis le cap Palli (Bishti i Pallës) jusqu'au cap Linguetta (Kepi i Gjuhës), c'est à dire de Dyrrachion à Aulôn, région dont Anne Comnène considère les toponymes 98. On a vu ainsi se multiplier avec ces cités des évêches, dont les titulaires ont participé aux conciles oecuméniques et provinciaux de l'Eglise chré- 1. Un siècle plus tard, Evagrius11 parle de soldats illyriens et d'évêques illyriens, tout comme il parle de soldats pannoniens et moesiens ou d'évêques palestiniens et égyptiens. Les chroniques qui parlent de la colonisation sclavène de la péninsule balkanique sont notoires, mais elles doivent être considérées avec précaution en ce qui concerne les provinces occidentales de la péninsule. Ils parlent plutôt, selon les arguments des archéolo- gues albanais et de beaucoup d'archéologues étrangers, d'une continuité de la tradition illyrienne qui tantôt est plus respectée, tantôt a évolué sous l'influence des besoins de l'époque et des produits étrangers. Les nouvelles données de l'archéologie, Illyria 2 (1982).

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